Genève: cité globale des "multistakeholders"
Genève (ots)
La Fondation pour Genève publie aujourd'hui le second cahier d'une série de quatre ouvrages destinés à sensibiliser les responsables politiques, les milieux de l'éducation et de l'économie sur le changement du rôle de Genève dans le concert global des relations internationales.
New York, Washington, Bruxelles, Tokyo, Paris, Beijing, Moscou, Londres sont de toute évidence les cités du nouveau pouvoir global. Cependant dans la gouvernance de type multistakeholders, nous pouvons remarquer que les "parties prenantes" choisissent souvent de se rencontrer informellement dans des lieux éloignés des pouvoirs traditionnels comme ceux de Davos, Porto Alegre, Aspen, Deauville, Monterey. Pourtant le choix de ces lieux n'est pas innocent car en prenant de la distance avec les cités globales, les acteurs de la "soft gouvernance" rompent avec leur propre rôle social. Penser le monde semble nécessiter une certaine distance. Davos par exemple est le lieu idéal pour se détendre et parler de sujets sérieux et fondamentaux de manière informelle. Il semble exister un étrange clivage entre cités globales du pouvoir et cités-forums de la réflexion.
Mais existe-t-il une sorte de lien entre elles?
À écouter Klaus Schwab, il semblerait qu'il y ait plutôt une sorte de continuité. En effet, les forums ne s'arrêtent jamais vraiment et la réflexion se poursuit tout au long de l'année. Les forums sont donc plus que de grands rassemblements catalyseurs d'idées et de réflexions. Si bien que l'on pourrait dire qu'il y a d'un côté des cités globales de l'action et de la décision et de l'autre un réseau informel et global de la réflexion.
Genève mais également Boston, San Francisco ou Bangalore jouent à côté des cités globales du pouvoir traditionnel un rôle particulier, celui d'être les lieux de l'émergence des prochaines "bonnes idées". C'est ainsi que Genève au cours du XIXe siècle a permis l'émergence de la Croix-Rouge, quasi-ancêtre du concept d'ONG, et a contribué dans le courant du XXe siècle avec l'établissement de la Société des Nations (1920) au développement de l'approche du "multilatéralisme". Concept très différent du bilatéralisme qui prévalait jusqu'alors. Puis, à la fin du XXe siècle, Genève a offert au monde le Web, outil qui autorise l'éclosion de nouvelles formes de gouvernance. L'apport de Genève ne s'arrête pas là car le World Economic Forum, dont le siège est à Genève, a élaboré et mis en oeuvre, dès le début des années 70, le concept de "multistakeholders" qui est la forme la plus achevée dans la construction moderne de la gouvernance globale.
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Tatjana Darany
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